Les femmes médecines

que j’ai rencontré lors de mon voyage au Mexique.

Je suis partie au Mexique avec l’intention d’apprendre de la médecine des femmes et de m’ouvrir aux rituels traditionnels. Je n’avais pas de plan, pas de contact sur place, j’ai seulement suivi mon intuition comme guide. Pour la première fois de ma vie, j’ai senti une grande confiance dès lors que j’ai décidé ce voyage.

Je vous raconte mon expérience auprès des femmes médecines au Mexique. Je suis reconnaissante d’avoir eu ces temps précieux de soin, de m’être relier à la sagesse au delà de ce que j’imaginais. Je n’ai pas toujours les mots pour décrire ce qu’il s’est passé. C’est beaucoup de ressenti, d’images, de visions et de sensations auxquelles je n’essaie pas d’intellectualiser.

Avant mon départ, une femme près de chez moi m’a proposé de participer à un stage sur la Médecine de la Rose avec des abuelas mexicaines qui venaient dans notre campagne.. A Mexico City, j’ai rencontré Exi et ce fut une sacré exploration. Exi et sa sœur Sonia proposent des soins avec la médecine de la rose pour guérir son énergie féminine et maternelle. Elles transmettent leurs savoirs lors de stages et formations au Mexique et en France. Exi m’a reçu à la Casa Yi Yoba. Elle m’a demandé de venir avec 6 roses roses pour me faire un soin quantique à la rose. Ce fut une profonde reconnexion avec la mère. Au début elle effleurait mon corps avec les roses, et puis petit à petit elle déposait sur moi les fleurs et les pétales. Sur ma poitrine, mes mains, ma gorge. Je goutais et me reliais à l’énergie de la mère divine. J’ai senti dans mon corps le rythme naturelle de la Terre. Une puissance qui m’a beaucoup touché, avec des images et une grande prise de conscience. Un soin qui m’a fait entrer dans les profondeurs de mon être et de mon cœur. J’ai ressenti de fortes émotions enfouies qui devaient sortir. En lien avec ma mère, avec mon fils et dans le fait d’être mère, ce qui me confrontait n’était pas agréable. La rose venait adoucir ma peine. Les mots ne sortaient plus, seuls les larmes coulaient. Une sacrée aventure! Merci à la rose, Merci Exi, merci Mère Cosmique et Pacha Mama.

Exi et Sonia

Dans la ville de Oaxaca de Juarez, je suis allé voir un couple de guérisseurs traditionnels zapoteque. J’ai fait un soin avec Maillolin, la femme qui pratique la médecine. Nous avons échangé sur nos parcours de vie, nos histoires et nos pratiques. J’ai reçu un soin énergétique très fort. La femme a récité des prières en me fouettant à l’aide des plantes. Très vite, j’ai ressenti des vagues d’émotions m’envahir. C’était de plus en plus fort et intense. Je me suis mise à pleurer sans pouvoir l’expliquer. Ces prières m’ont allégé de l’intérieur, nettoyé, purifié, préparé et guidé sur mon chemin. J’entends « cura, cura, sana, sana ». A la fin du soin,  elle a cassé un œuf dans un verre et m’a donné « mon diagnostic » en m’expliquant ce que l’œuf racontait. Le jaune symbolisant mon âme, son état était bien jaune vif intacte. Le blanc mon esprit, et entre les deux il y a avait comme des petits filaments, elle m’expliquait que c’était ce qu’il y avait entre les deux: mes émotions, mes doutes et mes peurs… Elle m’a orienté dans mon voyage, m’a donné des recommandations de personnes et de lieux au Chiapas.

Maillolin, medicina traditional zapoteca

A la limite du Chiapas, nous nous sommes arrêter dans les Terres de l’état de Oaxaca.

Nous avons été volontaires à la Casa Zapotal. Une famille médecine dont nous avons fait parti pendant 2 semaines. Un lieu qui m’a fait traversé les limites de mon corps esprit et m’a chamboulé. Au milieu de la nature, entouré d’animaux, et d’eau, Edith et sa famille accueillent les personnes qui viennent se nettoyer et se ressourcer. Edith et sa maman Lolita proposent des soins traditionnels : cuisine, temazcal, médecine du cacao… Edith y vit avec son frère, sa mère et son père, 8 chiens et 4 chats. Durant notre séjour, il y avait Tim et Meg, deux volontaires comme nous. J’ai fait de très belles rencontres, dont Meg avec qui nous partagions la cabane et qui est devenue une amie.

La Casa Zapotal est clairement connecté à la médecine de l’eau, puisqu’elle est alimenter seulement par l’eau de la source. Nous avions pour mission de prendre soin de ses eaux en lien avec la Terre. C’est ici également que nous avons passé plusieurs jours sans eau. Quand l’eau arrivait, c’était l’abondance et nous pouvions nous occuper des plantes et de la Terre. Nous cuisinions pour le groupe des mets traditionnels. Quand il n’y avait pas d’eau nous faisions avec l’eau stocké. Le climat était assez rude, il faisait chaud humide. A partir de 15h nous étions tous dans les hamacs. La Casa fonctionne avec les ressources naturelles, il n’y a pas d’électricité. Nous faisions tout à la main. L’énergie du feu était aussi présent. Le feu de la cuisine ne s’éteignait jamais. Chacun était gardien de le préserver.

Le quotidien était assez intense et éprouvant. Nous avons passés des jours à nettoyer les bassins, à gratter des murs, à peindre, à s’occuper de la terre, à planter, à nettoyer, à cuisiner y limpiar y cocinar.. Je me suis fait dévorée par les moustiques, je ne dormais pas, j’étais dans un drôle d’état. Je me souviens des nuits où nous attendions la fraicheur dehors pour contempler les étoiles.

Edith m’a très vite fait penser à moi. On se ressemblait physiquement et aussi dans notre manière de penser et de faire. Le fait de vivre dans une famille et d’en faire partie a été très révélateur de ce qui me touche dans la famille.. Nous avons partager nos histoires, nos blessures et nos guérisons. Ce qui revenait était la blessure de l’homme. Regarder la blessure du masculin et s’accompagner dans nos processus de soin, propres à chacune afin d’apaiser ce lien.

Nous avons expérimenté une vie typique ponctué de rituel. Un soir, nous avons fait un rituel avec la médecine du cacao. C’était beau et doux. Nous étions dehors, alimenté par le feu a décortiqué chaque graine, à prier avec elles, à les torréfier et à les moudre. La reliance avec la plante était forte. Je revois encore mon fils s’endormir dans les bras de Meg. La plante m’a enseigné la dévotion et l’amour de soi. Elle m’a aussi rappelé pourquoi je suis importante. D’ailleurs c’est ce soir la, que j’ai écris 10 choses que j’aime chez moi.

Le dernier soir, nous avons fait un rituel entre femmes, de soin à l’utérus. Sans doute, l’un des soins les plus forts de ma vie. Accompagné des plantes sous forme de Yoni Steam, de la Terre, des éléments, des directions, de la Lune et de ma lignée, je suis venue nettoyer et guérir les traumas logés dans ma womb. Dans la posture de la déesse, jambe écartées, je récitais une prière puissante de guérison. Ce rituel de soin m’a empuissancé, j’ai senti une telle énergie Waoouw ! Que j’ai sauté nue dans l’eau en plein milieu de la nuit et me suis éclaté le genou juste avant de prendre la route pour la suite du voyage…

Direction San Cristobal de Las Casas

Voici quelques mots écrit dans mon carnet :

« Arrivés à San Cristobal ce matin. On a sorti les manteaux. En el pasado del abuelita, me siento bien. Malgré la fatigue, les boutons enflés et mon genou qui s’est tapé contre le sol de la piscine hier soir. Notre odeur est un épicé mélange de fumée de barbecue, de chiens et de poussière. Ici, lors du voyage, on ne fait plus guère attention à notre apparence. Si on ne peut laver nos vêtements ou nous même on s’habitue. Je nous souhaite un joyeux voyage magique et plein de lumière. Que nos cœurs rayonnent et que nous puissions partager amour et conscience. Je suis prête et attentive au meilleur que la vie puisse nous faire vivre. Merci d’être ici après 8 ans. Merci la vie de nous mener ici, merci la vie pour tout ce que tu m’offres chaque jour.. Merci pour toute cette aventure, toutes ces rencontres. Que nous puissions contribuer au grand tout dans le respect et l’amour de la vie. Gracias a la vida! »

Le jour même j’ai trouvé une chambre à louer au dessus d’une chocolaterie churros, nous y sommes rester 2 semaines. Nous commencions à être fatigués, nous avions besoin de repos. Nohé est tombé malade, il avait du mal à s’alimenter. Il est resté au lit quelques jours. Ce fut un temps introspectif où je rêvais et écrivais beaucoup. Je prenais le temps d’intégrer tout ce qui s’était déjà déroulé.

San Cristobal m’a enchanté. Je m’y sentais comme chez moi. Les couleurs, le mélange de culture et de saveurs m’obsédait. Je flânais dans les rues, m’émerveillais du marché et passais des heures sur la place de la cathédrale à observer la vie.

Je suis allé voir une femme médecine maya Na Ch’ul Chan qui proposait soin et temazcal. Depuis le début je n’avais pas encore eu l’occasion d’en faire! Après quelques échanges whatsapp, nous nous sommes donner rdv un matin pour une consultation. Pendant une heure, nous avons discuté de ma vie, de comment mon fils est arrivée, de ma relation avec son père, de pourquoi nous étions là.

« Un regard perçant, une vérité éclatante, des mots pour clarifier et guérir. Ma relation avec mon fils. Je me suis sentie honteuse, jamais je n’ai ressenti une telle culpabilité / responsabilité en moi. Faible et déroutée, incertaine, c’était très inconfortable. Blessée et confuse, un échappatoire à ma souffrance, mes travers listés.. Quiero sanar, quiero sanar! Je suis importante car je suis mère et ceci est une grande mission sur Terre. »

Encore une fois, j’ai beaucoup pleuré.

Ce n’étais pas ce que je pensais. J’avais sans doute beaucoup d’attentes en venant au Mexique. Je ne pensais pas que j’allais retraverser émotionnellement ce que j’avais vécu 8 ans auparavant. Et pourtant, c’était nécessaire. Petit à petit, j’ai fait face à mes émotions, j’ai bouillonné et assumé ce qui me transperçait.

Un voyage dans nos profondeurs. Dans notre lien, nos liens et relations. Relation à moi même et avec Nohé. Un changement, un reset et un back up en même temps !

« Gracias a la vida que me ha dado tanto,

de m’avoir donné un enfant, un fils merveilleux, une étoile sur mon paysage.

Merci à la vie de m’ouvrir les yeux, la conscience et le corps cœur

Merci à la Vie de me guérir

Merci à la Vie pour la lumière et l’ombre et l’équilibre, la beauté, l’abondance, les rêves et rencontres

Merci à la Vie pour ce voyage tant espéré !

Merci à la vie.

Merci à cette Terre de nous accueillir et de nous soutenir, de nous faire grandir et évoluer.

Merci à cette Terre de nous faire traverser notre histoire.

Merci »

Au Chiapas, nous avons découvert des eaux claires et limpides. Les Cascades m’ont éblouis et les lacs apaisés. Beaucoup d’eau durant notre voyage. Des hommes médecines ont aussi cheminé à mes côtés. Des rencontres et des échanges qui resterons gravés en moi. Un homme d’origine maya qui vivait à la frontière du Guatemala m’a fait visité son jardin, j’ai goûté la médecine de la nature. Du café frais cueilli à l’arbre, l’odeur de cardamome, des oranges et des fruits exotiques en abondance aux côtés des chiens et des poules.

A quelques kilomètres de Palenque, nous avons été à la Ventana. J’ai découvert la Selva. Entre jungle de verdure flamboyante d’un vert profond où la densité de nature et de vie envahit le reste. Auprès de la famille de Nancy, nous avons séjourné. Je ne saurais exprimer en mots tout ce que j’ai ressenti à ce moment. Ce lieu, en plein cœur de la nature est une vraie oasis qui préserve la Terre, ses racines et ses traditions. J’ai été profondément touché par l’authenticité de ce qui s’y vit. Le respect de Pacha Mama, véritable trésor. Comment pourrait je témoigner de la splendeur et de l’harmonie qui y règne ?

Le son de la vie, les colibris virevoltants autour de nous, l’appel des singes, le cri de la jungle, le vent dans les feuilles, le rire des enfants.. L’odeur de la Terre, les couleurs des fleurs, les racines dessinant le chemin.. Toutes ces rencontres, humaines et bien plus..

La selva m’a guéri.

J’y retournerai, je veux y retourner y passer plus de temps pour apprendre. D’ailleurs il y a des rencontres de femmes médecines traditionnelles. Je dois y retourner.

Ce n’est pas évident de retranscrire ici tout ce qui j’ai vécu. Je ne saurai interpréter que par mes sens et ma compréhension de maintenant. Il y a eu des êtres merveilleux qui ont façonné ce voyage ! Des rencontres qui changent une vie. Des hommes et des femmes. Dont une qui ma fait particulièrement vibrer le cœur. Une personne qui a aussi contribué à ma guérison. Un homme plein d’amour et de légèreté. J’ai fini par faire un temazcal lacota à la fin de notre voyage, à Bacalar. C’était bien pour marquer un tournant, se nettoyer et passer au nouveau cycle. J’ai compris avec le temps que ce je venais chercher c’était moi, ma propre femme médecine. A travers toutes ces rencontres, je me suis reconnue et redécouverte. J’ai appris avec humilité, ma propre médecine.

La selva

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